Senteurs griffées

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Il était assis dans un coin de sa cellule, libre de toute contrainte. Il n’avait plus à se lever tôt le matin pour aller faire son marché. Il n’attendait plus ses factures d’eau et d’électricité. Il était libre comme le vent. Les contraintes n’avaient plus de prise sur lui. Libre,  dans sa prison, il ne dépendait de personne.

La liberté de penser, le seul bien qui lui restait ne pouvait faire l’objet d’aucun marchandage.

La liberté de voyager et de partager sans se déplacer et sans prendre la peine de quitter le coin qui lui était imposé

Il transcendait et vivait de merveilleux moments en compagnie du faisceau de lumière qui filtrait par un trou de sa cellule et qui avait trompé la vigilance de ses geôliers. Un rayon d’espoir qu’il pouvait interroger à sa guise ; Il lui répondait laconiquement quand il abordait les problèmes de la cité.

Alors qu’il profitait du temps printanier, en randonnée improvisée, le filet de lumière avait heurté par ricocher une bouteille jetée à la mer qui lui confia ses secrets.  Lourd fardeau qu’ili posa sur les frêles épaules de son ami le prisonnier pour s’en débarrasser.

De fil en aiguille la bouteille prit la forme d’une fée tombée amoureuse folle de son prince charmant que l’ogre après la fameuse question l’avait ferré aux pieds, fixés aux parois de sa citadelle bien haut perchée.

Les jeux de rôle distribués, en héros avisés ils profitèrent de la bienveillance du faisceau de lumière pour échanger leurs idées et se déclarer leur flamme étouffées.

La fée embouteillée était enivrante, possessive, aimante et à la limite un peu contraignante  à cause de son déficit émotionnel qu’elle devait rattraper en en   un très court laps de temps.

Alors qu’il avait perdu espoir, dépité, dans sa cellule écrasée par la morosité du temps qui s’arrêtait, l’opportunité des je t’aime et de la libération des étreintes étouffées de ses membres ankylosés ,  l’empêchaient de se dresser à la verticale.

Il pouvait enfin voir ses rameaux bourgeonner nourris à la sève de l’espoir.

Ses nuits blanches l’éclairaient. La rugosité de son paillasson qui lui grattait le dos se mêlait à la douceur du tissu en soie  aux senteurs griffées.

Son rêve fut de courte durée lorsque les absences du faisceau de lumière se multipliaient prolongeant ses nuits sombres. Le jour ne se levait plus dans son espace virtuel. La lumière se faisait désirée. Elle prenait ses rêves pour des réalités. 

Il cogita longuement avant de prendre conscience que sans toutes ces ombres qui animaient ses nuit il lui était impossible de discerner la lumière jusqu’au jugement dernier.

Charef

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19 réflexions au sujet de « Senteurs griffées »

    1. Rien à comprendre Roberte. Il suffit de commenter tes ressentis à chaud. Dis moi si ce texte dégagent des émotions. Tes avis m’aideront à améliorer mon style d’écriture bisous Roberte.

    1. La nature a horreur du vide Gys, j’ai perdu toutes mes dents. Il ne me reste que mes mots à digérer. Lol
      Boussa omri. Charef

  1. J’avais omis de commenter l’image de cette poésie…quelle femme volante tu as trouver sur ton chemin de randonnée..fichu bazard qu’elle à semé!!!
    Bonne journée. Bisous Charef

      1. Oui Charef c’est ce que je me suis dit mais je pense que tu accepte volontier ce bazzard quel a semé dans ta vie parce que tu épris de cette fée non? je veux dire dans ce billet que tu décris.
        Bonne journée à toi. Bisous

  2. Encore une fois Charef j’ai faits une mauvaise interprétationdu mot « destin » n’est ce pas? Mais tu deviens trop philosophe alors je m’embruoille dans mes réponses!!!….
    BisousCharef

  3. « Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
    Pleurant sans cesse,
    Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
    De ta jeunesse  »

    Jeunesse intrépide ou l’insouciance brise les chaines de l’interdit. La sagesse s’installe au fil des ans et la peur qui qui lui emboite le pas a tout gâché. Merci pour ce magnifique poème de Paul Verlaine qui traduit bien ma pensée. Charef

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