FAUT-IL RISQUER SA VIE OU LA RYTHMER ?

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FAUT-IL RISQUER SA VIE OU LA RYTHMER ?

Tout le temps du pompier est dans l’alliance de l’attente et du danger. L’alerte qui retentit, tout à coup dans sa stridence, mute le temps. La lourde nappe de temps immobile, de ce temps mort que l’on tue en fumant, se résorbe. Le stress d’un coup enchaîne, automatiques, les gestes de la haute vitesse. Et c’est course dans la ville. Il y a toujours un trajet pour passer du lieu trop mort, où l’on ne risque rien, au lieu trop vif où l’on risquera tout.

Sans doute le pompier a-t-il choisi de vivre dans le hiatus le plus extrême les deux tons de notre condition, l’incompatible besoin que nous avons de la routine et de l’évènement, sans pouvoir supporter ni l’un ni l’autre. Heureusement que nous avons le mouvement pour nous reposer du repos.

Et c’est cela, musique : l’art de rythmer sa vie. Qu’importe au fond que nous soyons compositeurs de l’existence ou joueurs débutants : chacun doit bien improviser. Il faut tout trouver et changer : l’orchestre et la partition, la mélodie et le tempo. Il faut parfois jouer tous ensemble et parfois tout plonger dans le plus grand silence. Rien de plus personnel n’est aussi universel, car chacun sent bien, comme en face du pompier, qu’il y va de la possibilité même de son existence.

En passant10 juin 2015

NB : L’illustration n’est pas de l’auteur

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4 réflexions au sujet de « FAUT-IL RISQUER SA VIE OU LA RYTHMER ? »

  1. Rien de plus personnel n’est aussi universel, car chacun sent bien, comme en face du pompier, qu’il y va de la possibilité même de son existence.
    Il y a toujours un trajet pour passer du lieu trop mort, où l’on ne risque rien, au lieu trop vif où l’on risquera tout. Bisous Charef

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