Le chat

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Tito

C’est un chat blanc gratouillé aux yeux verts. Il lustre son poil soyeux à longueur de journée quand l’ennui le prend.
Sa maîtresse l’aime bien et entretient une certaine complicité avec lui. Elle le nourrit de poisson bleu et de viande hachée. Repu, il prend tout son temps pour entamer ses repas. Il aime bien être caressé par la main de sa maîtresse qui n’arrête pas de lui dire des mots tendres et gentils.
Il ne sort que très rarement et ne s’aventure jamais au delà du pavillon de l’étage ou il réside.
Mais voilà qu’un beau jour sa maîtresse le délaisse un peu. Amoureuse elle reçoit fréquemment son amant. Tito par la force des choses est témoin de leurs ébats amoureux Il déteste cet intrus. A chaque fois qu’il le frôle au passage il sort ses griffes et miaule pour manifester sa réprobation. Jusqu’au jour ou profitant de cette liberté il dévale les trois étages du bâtiment, à pas feutrés.
Fugue justifiée dans son esprit par l’abandon affectif de sa maîtresse qui le laisse livré à lui-même.
Il part à la recherche d’autres décors dans des lieus différents. Il fait la rencontre d’autres chats qui lui ressemblent mais qui lui refusent l’accès à leur territoire. Il n’est pas préparé pour répondre à leurs provocations. Il reçoit par traîtrise des coups de griffes. Il est traîné dans la boue après des combats perdus d’avance face à des bandes organisées qui n’ont connu depuis leur naissance que la loi du plus fort. Il est le plus beau, le plus gras, , le plus éduqué d’entre tous. Ce n’est pas un foudre de guerre à cause de son éducation et de son savoir être qui ne lui ont été d’aucun secours.
Pourtant il n’est pas passé inaperçu. Une chatte noire sans pedigree au regard provoquant a jeté sur lui son dévolu.. Victime d’un coup de foudre elle l’a choisi pour être le compagnon de sa vie des les premiers instants de leur rencontre.
Tout se complique pour Tito : sa maîtresse qui le délaisse, la guerre des nouveaux clans, la chatte noire qui le fait frémir, et les trois étages qu’il doit franchir.
Il ne mange plus. Amaigri il ne cesse de panser ses blessures après les batailles qu’il livre sans relâche. La mort dans l’âme il ne bouge plus.
Sa maîtresse ne comprend pas et l’emmène chez un vétérinaire qui lui prescrit des fortifiants.
Personne ne l’avait compris. Il était amoureux, jusqu’au jour ou il se mit à gratter la porte d’entrée accompagné de grands cris qui réveillèrent sa maîtresse. Furieuse et verte de colère elle le propulsa d’un grand coup de pied salutaire vers l’extérieur.
Il retrouva la chatte noire en chaleur sur le marche pieds qui l’attendait. Ils convolèrent en juste noce jusqu’au petit matin.
Depuis ce jour il s’est rapproché de nouveau de sa maîtresse et n’en voulait plus à son amant. Il a compris que quand on est amoureux on perd toujours un peu la tête.

Charef

Mascara le 18 /12/2007

 

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