Conjuration

zen lotus

Je maudis le couteau. Je maudis les couteaux. Je maudis ceux qui fabriquent les couteaux. Je maudis la lame traitresse. Je maudis le fer qui éteint la vie de l’homme qui s’éveille.

Il est parti debout. Il revient dans une civière, le cœur éclaté par le cimeterre.

Retourne sur tes pas, rentre chez toi. Pleure tes enfants orphelins, pleure dans ta maison cloitrée. Il ne reviendra pas. Ferme les persiennes

Le temps aura raison des mauvaises herbes… du temps. Fais lui tes adieux et enlève son oreiller de ton pieu.

Miroir dans la terre en jachère, Il part comme il est venu, soulagé.

Plantez prés de lui un murier et couvrez sa tombe de soie, parfumée au henné. De jour comme de nuit la mort ne nous quitte plus. Tu es parti. Nous te suivrons surement sur les traces des cendres éparpillées aux quatre vents.

Avec un couteau, un tout petit couteau, à l’heure ou l’oiseau retrouve la chaleur de son nid, la lame fouille ton buste offert, entre  la vie et la mort, à la pointe aigüe de l’ultime cri respiré.

Dans ton élan solidaire tu as donné ta vie pour sauver une vie. Tu es parti seul avant l’heure, avec comme seul salaire la paix éternelle.

A Dieu nous appartenons et à Dieu nous revenons.

Charef Berkani  

 

 

Ce texte est dédié à feu Benyamina Djillali lâchement assassiné à l’arme blanche alors qu’il défendait une pharmacienne agressée par un voleur le 23 Juin 2016 à Tiaret (Algérie)

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9 réflexions au sujet de « Conjuration »

    1. Je tiens à t’ exprimer ma profonde gratitude pour les mots de soutien ainsi que tout le réconfort que tu m’as apporté après le décès de mon neveu. Un grand merci pour ta présence et toutes tes marques d’amitié.

      1. Dans de tel circonstance l’amitié n’est pas un vain mot Charef. Dans ta période de deuil il était important de te savoir entouré d’affection.

    1. J’ai été touché par la sympathie que tu m’as témoigné après la perte de mon neveu.. . Merci d’avoir été là de tout cœur avec
      nous. Boussa

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