Amitié extrême

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        Cherchait-elle encore dans l’écriture comment vivre ?  Parfois, oui, il lui arrive de se le demander. Triste, Marie est pourtant sereine. On peut par moments être triste et heureux, l’un n’empêchant pas l’autre. Aux errances et aux quêtes effrénées, elle a choisi la solitude douillette de sa chambre pour endormir la douleur, et les pages d’un livre comme refuge. Il est là son bonheur, au moins pour ce soir.

        Demain, il y aura des sourires à nouveau. Elle aura levé l’ancre de l’eau grise où il lui fallait passer quelques heures pour apprécier à nouveau la beauté de la mer. La vie a repris le dessus. Car la vie, celle qui fait danser, chanter, écrire et partager, a été plus forte que tous les tourments. Car la vie l’a gâtée en lui donnant les mots. Plus de cris, plus de reproches. Le bonheur du silence qu’elle goûte. Le bonheur des chansons qu’elle écoute, tout simplement.

        Qu’il est bon ce moment sans précipitation, encore sous les couvertures, alors que dehors le vent se lève comme pour la rappeler à l’ordre. Mais elle fait fi de ce qui va trop vite. Les minutes filent et le bonheur est là, à chaque page.

        Elle ne s’acharne plus à chercher ce qui ne va pas ni à creuser les blessures ou les déceptions du jour, la vie est bien trop courte pour cela. Elle préfère de loin un souvenir heureux, quelques pages d’un livre et les mots de ceux qu’elle aime. Là est son essentiel : les moments heureux de la journée qui s’achève. Et en cette heure où le soleil n’arrive pas à percer les nuages, où elle se prépare tranquillement à se lever, elle pense à tous ces bonheurs qui viendront sûrement égayer sa journée. Je ne sais comment ils se présenteront. Elle ne sait que ce qu’elle en fera. Elle les rangera bien au chaud dans un dossier pour le sortir le soir comme on découvre un trésor. Car le temps a su lui redonner confiance. Et plus ça va, et plus elle a besoin, pas juste envie, de s’isoler. De prendre le large avec ses rêves. De ne pas parler, surtout. De se retrouver un peu. Ou de trouver dans les mots qu’elle lira quelque chose qui la ramènera à l’essentiel ou soulèvera des questions. Ou même, la fera chercher pour comprendre un pan de la belle l’histoire qu’elle avait vécu avec Augustin.

       C’est aux vagues qu’elle préfère penser, et encore plus aux couchers de soleil sur l’eau. Elle a envie de paix et de tranquillité. Elle a envie de fuir dans ses rêves et de ne pas chercher plus loin qu’une image heureuse. Il faut peu pour mettre la machine à rêves en marche. Du moins, pour Marie.

        Devient-on solitaire à force d’aimer écrire des livres, et tout ce qui a trait aux mots et au savoir, ou aime-t-on toutes ces choses parce qu’on est avant tout, par nature, solitaire ? Elle n’a pas la réponse à sa question. Une chose est sure il lui faut des moments de solitude qu’elle apprécie. Ainsi Marie va bien.

         Il y a toujours un point de départ. Hasard ou destin ? Comment savoir ? Ça arrive un jour, comme ça, sans qu’on s’en doute. Une rencontre, ça a été sur le Net que ça s’est passé. Hasard ou destin ? Elle se le demande de moins en moins, elle sait seulement qu’il est entré dans sa vie pour y rester. L’homme qu’elle a aimé l’a fait entrer dans un univers qui lui colle à la peau et l’émerveille.

        L’amour n’est plus, l’amitié toujours. L’objet de sa passion n’est plus.

         Ai-je trop rêvé se demande telle ? J’ai l’impression de n’avoir fait que cela pendant plus de neuf mois. Rêver, rêver, rêver. Dois-je abandonner mes rêves et retrouver quelqu’un d’autre, me perdre dans les dédales et tourner la tête pour me retrouver ailleurs.

Extrait du livre « Amitié extrême » de Roberte Colonel et Charef Berkani en cours d’édition.

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10 réflexions au sujet de « Amitié extrême »

  1. Mon Chèr Charef que de souvenirs ce fut ces moments uniques de partager de nos écrits. Une grande amitié est née de nos mots.
    Je te souhaite une très belle fête de Saint Valentin.
    Bisous

  2. Que fête-t’on d’attendre toujours une inventée fausse raison, l’amour ne se laisse en arrière que si on en est sorti. L’amour est oui à la vie.

  3. J’ai lu goulûment ces mots où chacun transpire l’attente, le bonheur… Cet écrit met tous les sens en éveil
    Bravo et que ce jour t’entoure de toute la tendresse dont tu as besoin.

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