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La mer dans « Passion sur internet »

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Les oiseaux n’ont-ils jamais chanté comme cette année ? Ont-ils été aussi présents par le passé ? Marie se le demande, alors qu’éveillée bien avant le soleil, elle les entend d’un arbre à l’autre faire leurs vocalises dans le noir de la nuit. Elle se rend compte que sûrement ils ont toujours été là, plus discrets, attendant leur heure pour la rendre complice du jour qui pointe déjà à l’horizon. Elle attend, comme chaque matin, de voir le soleil briller de mille étoiles sur la mer. Et ce matin, un roulis sans fin de vagues et d’écumes n’arrive pas à troubler la mélancolie qui s’est emparée d’elle.fb_img_1479068546903

À quoi rêve-t-elle ? Rêve-t-elle aux blessures dont on ne guérit jamais vraiment tout à fait ou se laisse-t-elle bercer par d’heureux souvenirs qui prennent le pas sur tout le reste ? Cela fait des années qu’elle se complaît dans l’écriture de courtes nouvelles qu’elle range soigneusement dans un classeur. C’est sa thérapie, son monde à elle. Toutes ses journées s’écoulent interminables et sans joie. Cependant, elle aime à se réfugier dans sa passion. Là, où elle se sait être en sécurité, là où rien ne peut venir interrompre sa solitude. Marie n’écrit jamais de nouvelles scandaleuses, jamais de mots violents. Elle veut que les personnages de ses fictions lui ressemblent. Pourquoi sa Passion sur Internet se contente-t-elle de vivre dans cette douce torpeur ? Finira-t-elle par comprendre que sa solitude n’est autre qu’un besoin de se préserver des soucis du dehors ?

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« Ce soir, la mer est si jolie ! La lune se mire sur l’eau salée lui donnant de jolis reflets argentés. Il est tard et mon cœur part à la dérive en observant les vagues s’enrouler et rejoindre l’autre rive.

Es-tu, toi aussi, au bord de la mer, de l’autre côté de cette immensité qui nous sépare l’un de l’autre ? As-tu une pensée pour moi, mon âme est si tourmentée ? Peux-tu imaginer, qu’en ce moment, je vogue par delà l’horizon et que j’aimerais aller te retrouver. Le cœur y est-il pour quelque chose ? À cette folle question, suggérée, peut-être pour me rassurer, j’aimerais répondre que tu sais. Cependant, en réalité je me doute bien que tu ignores tout de mes pensées. Et quelle que soit ma modestie, quelque que soit le désir qui me retient de caresser une chimère, je m’autorise néanmoins à penser que tu es là-bas, de l’autre côté, et que quelque chose nous lie à jamais. La mélancolie s’empare de moi et mes doigts s’attardent à dessiner sur le sable doré deux grands cercles : un pour y mettre mon passé, et l’autre pour y dessiner un point d’interrogation. Entre nous, ne serais-tu pas embarrassé si tu savais que quelque peu je puisse t’aimer ? Les semblants de l’amour ne sont ils pas devenus préférables à l’amour même ? Un jour, entendras-tu mon appel ? Est-ce si absurde que de vouloir aimer l’autre sans qu’il le sache ? Est-ce de ma faute et jusqu’à quel point mon histoire, en ceci du moins, devient-elle celle de toutes les femmes quel qu’en soit l’endroit et ce, même sur le web ! Fais-tu semblant de ne pas comprendre ce que je ressens pour toi ? »

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« Une averse de baisers échoue sur la grève

Agitée par le feu qui embrase mes rêves

Les grains exaltés fouettent mon visage

Deux cœurs de sable naissent sur le rivage

Sur les braises de nos corps en fusion

Mon cœur frémit pour cette tendre passion.

« En se tournant face au vent,

On sentirait l’air du large sur nos visages,

Imagine-nous enlacés, mon aimé,

Sous le ciel strié de nuages

Que tout le soleil éclabousse.

Seule l’étendue de la mer immense de bleu

Enserre notre secret.

Imagine-nous mon aimé.

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» Aujourd’hui, bouleversée par un passé qui n’est plus, Marie à poser délicatement leurs mots, leurs histoires sur les vagues bleues de la mer. Le vent se chargera de les faire naviguer jusqu’à lui sur l’autre rive, de l’autre côté. Elle regarde les flots emporter un a un leurs souvenirs. Quelques larmes s’échappent de ses yeux, roulent sur ses joues, sur ses lèvres. Augustin ne l’aime plus

L’espace d’un instant, le temps se fige autour d’elle. Les roulis de la mer, l’ombre d’un nuage qui filtre sur le sable, le chant d’un oiseau au loin… toutes ses sentions l’assaillent comme dans un rêve où l’espace et le temps n’avaient ni substance, ni réalité.

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Après un hiver doux et un printemps précoce les bords de mer verdoyaient déjà de tendres feuilles et de nouvelles pousses. Ce fut dans ce décor de cartes postales pour vacanciers qu’était né de doux sentiments qui allaient donner un sens à la vie de Marie. Rien n’avait laissé présager une telle rencontre entre elle et Augustin. Et à présent que la lueur du jour au dessus de la mer répandait son étrange dessin sur leur séparation, le clair de lune dessinait des motifs sur les vagues venues s’échouer sur le rivage.

Elle regarde la mer et voudrait noyer les maladresses qu’elle a eues. Ou déposer sur le sable les pas qu’elle n’aurait pas dû faire pour que les vagues les effacent. Pour que demain rien ne reste des tourments de cette minute. Même pas un pâle souvenir. La mer écoutera-t-elle sa requête?

Comme chaque jour Marie continue de confier ses secrets a la mer.
Elle lui demande de faire naviguer ses mots de l’autre coté jusqu’à Augustin pour qu’il revienne mettre ses traces sur les siennes qu’elle dépose le sable de la mer.
Augustin restera t-il insensible au tourment de Marie ?

 

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Équinoxe

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Francophonie ! En publication nationale et internationale dans tous les réseaux de l’Hexagone et de la Francophonie. « Équinoxe » de Roberte Colonel et Charef Berkani, un livre de partage, de tolérance et de diversité proposé à la sélection du Prix Méditerranée. Une publication des Éditions Auteurs d’Aujourd’hui, Ed2A : www.editions2a.com

Il y a toujours un point de départ, un hasard ? Où est-ce le destin ? Comment savoir ?
Marie avait été si bouleversée la toute première fois où elle avait vu sa photo sur son blog…
Elle pense a Augustin et se demande pourquoi elle s’était mise à l’aimer si vite, si intensément, et pourquoi elle avait si peur que leur amour s’arrête sans qu’elle ne sache pourquoi.
Mon amour, disait-elle à Augustin, j’accroche ma vie à la tienne malgré le temps qui passe et toujours nous laisse tendrement épris l’un de l’autre. Je voudrais encore vivre des milliers de nuits étoilées avec toi. Elle était si bouleversée la toute première fois où il lui avait dit que malgré la distance qui les séparait il l’avait serrée tendrement contre lui.
L’homme qu’elle aime l’a fait entrer dans un univers qu’elle aime, qui lui colle à la peau et l’émerveille. Marie ne saurait dire tout ce qui la lie à Augustin, tant cela est vaste, tant leur curiosité est identique, tant ils aiment les mêmes choses. Pour elle, leur amour a la couleur de l’arc-en-ciel.
Tout n’était pour eux que rêves, désirs, troubles délicieux, espoirs confus, avec cette confiance au creux de l’âme qui ajoutait à ses émerveillements.  Marie n’avait pas eu l’habitude de vivre des aventures aussi folles dont la plupart des gens autour d’elle étaient habitués. Bien qu’il habite au bout du monde, là ou rien ne pourrait les atteindre, ni les quolibets des gens, ni les mauvaises interprétations que l’on ne manquerait pas de faire sur leur couple.
Pour la première fois Marie vivait pleinement son amour en marge des lois que lui dictait sa conscience. Tous les deux ne voulaient pas de fin à cette belle idylle. Ils ne pourraient pas pour tout le reste de leur vie être séparés.
Augustin se tenait là, solitaire et pensif en bout de sa barque, se demandant si elle pourrait lui permettre d’aller retrouver son amour, sa Marie là-bas, de l’autre coté.  Il désirait tellement la rejoindre… Il aimait Marie. Chaque jour il la découvrait plus attentive à lui et tellement joyeuse. Elle dit qu’ils sont si bien l’un et l’autre derrière cet écran qui renvoie leur image. Le temps qui les sépare les fait s’aimer chaque jour davantage.
Sa Marie aimante et fragile l’attendait, elle l’espérait, il devait réagir. Il ne pouvait plus repousser son voyage. 
 Allait–il continuer à se laisser porter par les vagues sans jamais oser réagir ?
 A chaque minute Marie monopolisait ses pensées.
 Il oubliait tout ce qui les séparait encore, pour rêver de cette rencontre où enfin leurs lèvres se rejoindraient dans une nuit divine.
 En proie à un désir plus fort que sa raison Augustin ne cessait de la désirer.
 Avait–il jamais rêvé d’une rencontre plus romantique que celle qu’il fit avec Marie si loin de son pays ?
 Il aimait Marie et elle l’aimait.
 Il se troubla. Il ne pouvait comprendre à cet instant ce qu’il ressentait, son déchirement de ne pouvoir la prendre dans ses bras. Tous ses manques d’elle. M’aime-t-elle autant que je l’aime ?
Roberte Colonel et Charef Berkani