Dans l’air du temps…

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Des souvenirs et des mots qu’on tait, curieux souvenirs qui nous assaillent au détour d’une phrase. Mots enfuis, mots au fond des souvenirs qu’elle doit débusquer là où ils se trouvent. Faire de l’écriture une passion, sa passion. Et voilà que les mots de Marie s’échappent, remontent des profondeurs. Elle doit les attraper, les mettre en phrases avant qu’ils ne se défilent. Un Jour, il y a longtemps, quand elle ne savait pas encore qu’ils cesseraient de s’aimer elle avait jeté au détour d’une phrase qu’elle ne pourrait aimer aucun autre homme. Il s’était mis à rire. Puis il s’était demandé ce qu’il adviendrait alors de leur amour.

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Une certaine mélancolie, parfois nostalgique, des heures d’enchantement, une tristesse. Probablement qu’il y aura certains jours en lui, en elle, un besoin de trouver quelque chose qui manquera inéluctablement à sa vie, à la sienne… Elle aimerait dire que ce fut un rêve ineffaçable, un temps irréel et magique où il n’y a ni remords, ni regrets, mais une miraculeuse histoire d’amour.

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Assise sur son lit Marie s’étira longuement. Elle n’aimait pas la vie qu’elle menait, mais elle était seule à le savoir. Et de ce mystère elle tirait, en écrivaine rêveuse, une gamme de petites voluptés. Elle se plaisait à dire qu’elle y puisait des sources de joie. Un homme tel qu’Augustin l’enchantait. Elle se réjouissait d’être pour lui une spécialiste de mots et de frivolités, avide comme une éponge et douée pour les plaisirs. Il y avait aussi en elle un être profond, carnivore, enfoui, qui n’aimait pas la lumière. Cependant elle éprouvait une légère inquiétude lorsqu’elle s’interrogeait sur le besoin qu’elle avait d’Augustin qui n’était pas seulement physique. Mon pauvre ami, s’il savait ! Bien sûr le jeu d’amour avec cette force épaisse lui plaisait infiniment.

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Elle lui reconnaissait un espoir de possession irrésistible, accompagné d’un instinct amoureux très juste. Il savait faire, comme eussent dit les amies d’Augustin. Ses mains d’orfèvre rêveur et coléreux avaient le sens du corps de la femme et Marie ne rêvait rien de plus exaspérant, de plus aphrodisiaque ni de plus épuisant que ce modelage auquel il la soumettait jusqu’à l’hébétude heureuse. Elle n’éprouvait, cependant, aucune anxiété à savoir que pour un temps son corps à elle ne dépendait que de lui seul. C’est dans l’ordre des choses.

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  Avait-il décidé de larguer les amarres pour vivre libre de toute attache sentimentale d’avec elle ? Car la liberté est assimilée à l’assomption du temps, c’est aussi facile que de regarder en face, c’est facile de fuir et de se dire je repars à zéro, je pétris le temps et il m’appartient, il n’est pour moi ni tyran, ni bourreau. Il est pour moi ma liberté de choisir de quitter mon amour virtuel

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Une amitié douce et sincère naît toujours dans un mystère. Elle chemine à pas de loup elle y creuse le doux nid du sublime bonheur. Elle y demeure tapie jusqu’au jour où, par lassitude ou dépit, elle reprend sa route en laissant le cœur en déroute de celui qui subit. Alors pour lui ou pour elle le ciel s’assombrit de gros nuages gris. Cependant, les jours se succèdent aux autres et l’on voit poindre à l’horizon l’arrivée du printemps avec l’espoir secret du retour de l’amour.

Textes: extraits d’Équinoxe de Roberte Colonel et Charef Berkani  

Ed2A : www.editions2a.com

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11 réflexions au sujet de « Dans l’air du temps… »

    1. Bonsoir Roberte. Merci d’être passer me lire. J’ai pris la liberté d’illustrer des passages d’Équinoxe qui correspondent à l’air du temps ou tout se fige avec l’hiver qui s’avère très rigoureux cette année. Je trouve que l’homme ressemble beaucoup à la nature dans ses comportements, au rythme des saisons. Bisous.

      1. Tu as bien fait Charef ces passages me semble appropriés effectivement au moment présent. Tes images sont pleine de douceurs elles ressemblent beaucoup à ce qu’écrivait Marie.
        Amitiés Charef

  1. Un très très beau texte, avec l’élan des voluptés passées et la pesanteur d’une chose défunte.L’amour ne revient pas, même si au fond.. il ne part jamais complètement non plus, s’il fut amour!

    1. j’apprécie cette capacité à sérier les messages inspirés par des choix de textes à dessein. Bonne journée Edmée. Merci pour tes passages.
      Charef

    1. Mince je ne vois pas mon commentaire précédent…
      Tant pis et merci pour ta réponse dont je viens de prendre connaissance.
      Belle journée ☺️ Charef

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