Juste pour te plaire

roserouge

Je poursuivrais les vents d’hiver
Qui soufflent les bougies en pleurs
Juste pour te plaire

Je veillerai toutes les nuits
Pour brigander les plus nantis
Juste pour te plaire

J’allumerai sans rien attendre
Les feux éteints réduits en cendre
Juste pour te plaire

Je ferai la guerre aux mandarins
Pour être le levain de ton pain
Juste pour te plaire

Je charmerai pour toi les abeilles
Pour gouter aux délices du miel
Juste pour te plaire

Je composerai une mélodie
Qui atténuera ta maladie
Juste pour te plaire

J’évoquerai nos souvenirs
Pour retrouver ton beau sourire
Juste pour te plaire

Je vais taire toutes mes envies
Pour te redonner gout à la vie
Juste pour te plaire

J’avalerai mes larmes salées
Du naufrage de mes jours fanés
Juste pour te plaire

Charef

Mère courage

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Enfant encore la première femme que j’ai aimé, ma mère a subit les injustices de l’autre. C’est sa patience et sa persévérance pour nous préserver qui nous a sauvés mais au détriment de sa dignité et du sacrifice de sa vie qu’elle a mis à notre service. Heureusement que les choses ont évoluée et que la femme aujourd’hui sait dire non et se révolter contre l’injustice. Femme d’hier, femme d’aujourd’hui nous te rendons hommage.

Voila !
Martèle-t-elle à chaque fin de tirade
Elle fustige, rageuse toutes les jérémiades
Subies pareil au vin avalé par rasade
Acculé au fond de la cale du bateau en rade
Voila !
Souligne-t-elle le souffle coupé
Elle écrit en lettres capitales JAMAIS
Et repousse d’un revers de main son passé
Les souvenirs d’un corps malmené
Par le geste inconsidéré d’un égaré
Voila !
Dit elle en guise de réponse
Aux excuses de l’autre et sa repentance
La gazelle blessée tient sa vengeance
Dressée à la verticale contre l’intolérance
Elle brise les chaînes de la dépendance
A l’assaut du grand large elle s’élance
Sans cris ni fracas elle tire sa révérence

Charef

Mon amour

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Mon amour pour toi n’est pas un secret
Nourri du vide de ton absence
Perdue dans les méandres de mes regrets
Qui chevauche ce monde d’errance

Mon amour je t’aime si fort
Sans toi que serait ma vie
Sans les caresses répétées de ton corps
Tout recommence, rien ne finit.

Mon amour il m’arrive parfois de pleurer
Taraudé par le doute et l’angoisse
Accablé par mes tristes pensées
D’avoir eu des mots qui te froissent

Charef

Clin d’œil

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Je voudrais te dire
Je ne peux pas être ton père
Jumeaux peut être, ça peut se faire

Je voudrais te dire
Je ne peux pas être ton frère
Cherche-toi une autre âme sœur

Je voudrai te dire
Je ne peux pas être ton fils
L’inceste est le pire des vices

Je voudrai te dire
Je ne peux pas être ton amant
Trop de flirts sont passés avant

Je voudrai te dire
Je ne peux pas effacer ta peine
L’idée d’une rencontre reste vaine

Je voudrai te dire
Je te laisserai tous mes biens
Trésor fabuleux de petits riens

Je voudrai te dire
Je ne suis pas Adam, tu n’es pas Eve
Je n’aime pas le « marche ou crève »

Je voudrai te dire
Je suis un homme sans fortune
Je vis au crochet de ma plume

Je voudrai te dire
Je mouille mon pain dans la sueur
De l’encrier de mes malheurs

Je voudrai te dire
Je n’ai pas besoin d’aller ailleurs
Tu es et tu resteras la meilleure

Je voudrai te dire
Merci pour ta générosité débordante
Merci pour cette moisson abondante

Charef

Premier baiser

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Je suivais, nu-pieds, le sentier sinueux
Qui longeait la falaise des amoureux
Il menait à la plage jonchée de clovisse
La ville s’éloignait de plus en plus
Le rivage au fur et à mesure
Sur fond de paysage bleu azur
S’approchait à vive allure
La mer semblait fascinée
Par les grains de sable doré
J’étais la négation du verbe être
De l’enfant ou de l’ homme peut être
Le soleil n’était pas très haut
Il était encore trop tôt
Sur le bord de l’eau, la fraicheur
Effaçait les traces de l’hiver
Le soleil suicidaire frôlait la terre
Prêt à plonger dans la mer
Sur la plage nue désertée,
Une femme très belle ramassait
Ses cheveux rebelles dispersés
Pétulante de forme et de sensualité
Avec une peau de pêche mouchetée
Dans une robe très ajustée
Souriante elle m’avait invité
De venir près d’elle, de l’approcher
Le sable sur fond de mer tournoyait
Les mousses blanches trainaient
Sous nos pieds entrecroisés
Un phoque solitaire nous regardait
La tenant dos contre moi bien serrée
Elle m’enlaça et m’offrit un baiser
J’ai posé mes lèvres sur son bout du nez
Je crus que la terre avait tremblé
Je fuyais vers la mer. Déchainé
Je me jetai dans l’eau tout habillé
Je m’adressais au soleil en murmurant
Tout est parfait, je peux être son amant
Je sortais de l’eau et de ma pensée
Pour reprendre le chemin
Que traverse ma nuit de gamin
Jusqu’aux premières lueurs du matin
Je restais seul sur le rivage
Face à la beauté du paysage
Envouté par un ciel sans nuage
Charef

Page blanche

feuille d'amour

Oh ! Page blanche posée devant moi
Mon regard tourmenté s’accroche à toi
Mes doigts caressent ta texture de soie
Aube naissante dans son berceau d’alpha
Mes cheveux blonds comme le blé
Frôlent tes rainures bien dressées
Sans prendre à témoin le relais
De mes nuits folles de rêves insensés
Magma brulant ou fièvre éphémère
De la soif noyée à la source de mon cœur
Pris d’une envie folle je t’ai embrassé
D’avoir pu enfin m’accorder
Le pouvoir d’écrire enfin mes pensées
Que je n’osais pas dire à ma dulcinée

Charef

Pour toi, Gys, ma muse.

Amour virtuel

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De tous les hommes prends ton plaisir
Écrits autant de poèmes qu’ils t’inspirent
Je suis seul à connaître tes conquêtes
Seul à connaître tes moindres requêtes
Seul à trouver les sentiers sans détour
De la flamme qui ronge notre amour
Prends chaque nuit un homme
Écrits sur chacun d’eux un psaume
Écrit le plus beau des poèmes
Je resterais toujours le même
Je me faufilerais dans chacun d’eux
Et épouserais votre passion à deux
Comme la lumière qui tombe des cieux
Je suis l’onde qui te retiendra
Par l’évocation de ces lèvres là
De cet œil qui te poursuivra
Ton monde se noie dans la volupté
Que tes hommes ne peuvent quitter
Je hanterai tes rêves les plus fous
Sans te mettre ma corde au cou
Tu sentiras l’étreinte de mes mains
Sur ton corps offert au voisin
Dans tes nuits folles de désir
Ma seule évocation t’arrache des soupirs
L’univers se confond à ma flamme
Convoitises construites sans trame
Tu seras prisonnière de mon amour
De mes bras qui t’enlacent nuit et jour

Charef

Editer

Pressentiment

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Tu es insaisissable, comme le mal

 Qui remonte la pente en aval.

Ombre furtive du démon de midi,

Qui effleure le miroir brisé de ma vie.

Tu viens puis disparais, sans prévenir.

Je te suis aveugle sans parvenir,

A atteindre tes traces qui reculent,

L’horizon de ma vie, de son but ultime.

Absence présente sympathique.

Je pars à la recherche du triptyque.

Arrêt sur image, flou statique.

Le soleil timide se croise les bras,

Assis sur un nuage qui larmoie,

Sur les pages de mon livre qui se noie.

 

Charef

 

Maman

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Depuis que tu es partie
Personne ne m’emboite le pas
Je porte seul ma croix
Finies les langues de bois
Finies les simagrées sans foi
Elles n’ont plus force de loi
Tu es parties, seule sans moi
J’aimais tant sortir avec toi
Je m’accrochais à ta robe de soie
Chahuté par le vent et le froid
De l’hiver qui s’annonçait déjà
Tu t’es vautrée, câline dans ses bras
Libérée, tu pouvais aller au delà
De tes pas clopinant cahin-caha
Charef