Les yeux vers le ciel

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Dans le bleu de la nuit
Les imbéciles danses
Dans le feu de la nuit
Les solitaires pensent
Les yeux vers le ciel

Le sang du sacrifice
Coulait à flot vers la mer
Le bêlement des moutons
Se mêlent aux supplices des mères
Et des enfants immolés…

Notre mère Agar
Et Ismaël le miraculé
Se fouillent du regard
Se sont-ils noyés
Dans la mer rouge ?

Le printemps qui saigne
Sous l’ombre du sang
Me renvoie l’écho
Des voix qui déchirent
Le silence de la nuit

Charef

Un aller simple

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La mer miroite
Et m’aveugle les yeux
Les silhouettes qui boitent
Tâtent les souvenirs délicieux

La lumière est diffuse
Et les ombres s’enfuient
Tout s’évanouit tout s’immobilise…
Même les amours et leurs fruits!

Le poète de la terre vraie
S’en va dans le bleu de la nuit
Loin de la défaite
Bien loin d’ici…

C’est le calme plat
Aucune âme n’est là
Le vent léger fait palpiter
L’herbe sèche des près
Et la poussière du monde

Tout le monde est là!
Dans le calme plat…
Sur leur poitrine quelques épis
Se balancent sans répit
Comme un landau bercé
Par les absences répétées…

Voila qu’il pleut sous Avril
Mai et Juin
Des poissons pourris!
Et des rimailleurs sans pudeur…
Voila qu’on cultive le ver!
Du mauvais fruit!
Voilà qu’on passe à côté de la vie!
Comme un aveugle sans lueur
Qui se berce dans sa nuit…

Charef

Contre toute attente

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Le téléphone ne vibre pas
Mon esprit erre ça et là
Corps dévidé de son essence
Sur les traces de son errance
La soif avide de sècheresse
Digère mal sa détresse
L’attente grignote sa patience
Recul des limites de l’absence
Cible marquée au fer
Terre qui broie sa rancœur
Malheur qui dévore son bonheur
Le téléphone ne sonne pas
Il pleut et il fait froid

Charef

Déchirure

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Je suis l’époux et l’amant
Je suis libre comme le vent
Je suis celui qui sème à profusion

Je suis celle qui t’aime tant
Je suis celle qui porte ton enfant
Je suis l’orage enchainé
Portée par les vagues déchainées

Je n’accepterai aucune trêve
C’est moi qui porte le glaive

Je me suis nourrie de ta sève
Avant que tu ne brises mes rêves
C’est ça marche ou crève
Blessée je battais de l’aile
Pourtant je me savais belle
Je me suis de moi éloignée
Une page de ma vie s’est déchirée

En hommage à toutes ces « mères courages « 

Charef

Ton ombre

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Ton ombre est là,
sur la table…
Au fond du miroir…
Entre les pages d’un livre.
Elle est là
dans le jardin…
Sur les feuilles qui tombent…
Sur ta tombe…
Sur les feuilles qui s’en vont,
emportées par le vent…
Ce vent qui raconte
le murmure de tes cheveux
à mes cheveux qui tombent…
Emportés par la chimio agonisante.
Ton ombre
Est là…
Dans ma tête
comme le soleil
sous l’ombre de tes paupières,
fermées à jamais…
Elle sera là…
comme un soleil
sous l’ombre de mes paupières,
engourdies par la morphine
quand ta voie câlinera
la douleur maligne…
quand ma voix câlinera
ta douleur muette…
Elle est là…
Ton ombre…sombre

Charef

Errance

1

Je la voyais perdue d’errance en errance,

A la recherche des empreintes de son existence.

Elle ne trouvait pas d’explication,

Sur le sens de sa vie, de sa mission.

Elle erre ça et là dans l’indifférence,

Dans la foule laminée par la souffrance.

Elle cherchait un indice d’espoir,

Une raison pour vomir ses déboires.

Elle cherchait la lumière au bout de la douleur,

Reflet du miroir brisé de son bonheur,

Emporté par les méandres de la nuit.

Écrasée par la violence et le bruit,

Elle voulait enfin sceller son alliance,

Pour exister de nouveau… avec le silence.

Charef